Je donne mon avis
Retour vers Je donne mon avis#35 — Avis défavorable de la France insoumise – La Côtière
Réponse publiée
Bonjour,
Nous vous remercions pour cette contribution. En revanche, nous vous invitons à la déposer directement sur le site de la CNDP, qui recueille l’ensemble des contributions dans le cadre du débat public en France. Vous trouverez le lien ci-joint : https://participer-debat-projet-accelerateur-particules.cndp.fr/
De notre côté, nous leur avons soumis votre contribution afin que vous puissiez obtenir une réponse adaptée.
Cordialement,
La France insoumise – La Côtière exprime un avis défavorable au projet de Future Circular Collider (FCC) et à son raccordement électrique.
Nous tenons d’abord à rappeler que notre opposition ne constitue en aucun cas une opposition à la recherche fondamentale. La recherche scientifique est indispensable au progrès des connaissances, à la formation des générations futures et au développement de technologies nouvelles.
Mais soutenir la recherche ne signifie pas accepter sans débat tout projet scientifique, quelles que soient son ampleur, sa consommation de ressources, son coût ou son impact environnemental.
Le débat public organisé par la Commission nationale du débat public constitue précisément l’occasion de poser cette question fondamentale : ce projet de plusieurs dizaines de milliards d’euros, mobilisant pendant des décennies des quantités considérables d’énergie, d’eau, de matériaux et de foncier, correspond-il aujourd’hui à nos priorités collectives ?
À ce stade, notre réponse est non.
Un projet scientifique exceptionnel, mais aux dimensions exceptionnelles
Le FCC serait un collisionneur circulaire souterrain d’environ 90,7 kilomètres de circonférence, implanté sous les territoires de l’Ain, de la Haute-Savoie et du canton de Genève.
Le projet FCC-ee actuellement étudié viserait notamment à étudier avec une précision inégalée le boson de Higgs, les bosons Z et W et le quark top, afin de rechercher des indices d'une physique allant au-delà du Modèle standard.
À terme, le tunnel pourrait également accueillir un futur collisionneur proton-proton, le FCC-hh, dont l’énergie pourrait atteindre environ 100 TeV.
Nous reconnaissons pleinement l’intérêt scientifique de ces recherches.
Mais précisément parce qu'il s'agit d'un projet qui engagerait les générations futures, nous considérons que ses conséquences environnementales, énergétiques, financières et territoriales doivent être examinées avec la même exigence que ses ambitions scientifiques.
Une consommation électrique importante dans un contexte de transition énergétique
Le dossier présenté au débat public estime les besoins électriques du FCC en phase d’exploitation à 1,3 TWh par an en moyenne.
Le raccordement étudié par RTE porte sur une puissance de 220 MW, répartie sur trois points de raccordement.
Le chantier lui-même nécessiterait entre 400 et 600 GWh d’électricité pendant la période de construction estimée entre 2032 et 2040.
Le CERN prévoit de s’approvisionner sur le réseau électrique français et indique que celui-ci était décarboné à 95 % en 2025. Il envisage également la possibilité de contrats de fourniture d’électricité renouvelable.
Ces éléments ne règlent cependant pas la question politique.
L'électricité disponible n'est pas une ressource infinie. La France doit simultanément électrifier les transports, décarboner son industrie, rénover les logements, développer les transports collectifs et répondre aux besoins croissants des services publics.
La question est donc celle de la hiérarchie des usages de l'énergie.
À l'heure où les ménages, les collectivités et les entreprises sont appelés à maîtriser leur consommation, nous considérons qu'un projet consommant durablement 1,3 TWh d'électricité chaque année doit démontrer qu'il constitue une priorité collective.
Pour la France insoumise, la planification écologique doit conduire à privilégier les usages essentiels et les investissements permettant de réduire durablement les consommations et les émissions.
Une consommation d'eau qui ne peut être ignorée
Le dossier estime les besoins en eau du FCC à environ 1,9 million de m³ par an en moyenne pendant son exploitation, principalement pour le refroidissement de l'accélérateur.
Le dossier envisage notamment un approvisionnement à partir du Léman et étudie également la possibilité de points d'approvisionnement supplémentaires en France, à partir de l'Arve et/ou du Rhône.
Le dossier reconnaît lui-même que ces éventuels prélèvements devront être étudiés au regard des plans de gestion quantitative de la ressource en eau et du changement climatique.
Cette question est essentielle.
Les sécheresses, les canicules et la diminution de la disponibilité de l'eau sont déjà des réalités auxquelles nos territoires doivent s'adapter.
Nous refusons de considérer l'eau comme une ressource illimitée.
Avant tout projet supplémentaire consommateur d'eau, il faut démontrer que cette consommation sera compatible avec les besoins futurs des populations, de l'agriculture, des milieux naturels et des autres activités économiques.
14,7 millions de tonnes de matériaux excavés
Le tunnel de près de 91 kilomètres implique un chantier d'une ampleur considérable.
Le dossier estime à environ 6,3 millions de m³, soit 14,7 millions de tonnes, le volume de matériaux excavés sur une période d'environ cinq ans.
La question de leur transport et de leur valorisation n'est d'ailleurs pas encore définitivement réglée.
Plusieurs solutions sont étudiées : transport ferroviaire, convoyeurs ou transport routier selon les sites.
Le dossier prévoit encore l'élaboration d'un plan préliminaire de gestion des matériaux d'excavation entre 2026 et 2028.
Ces volumes considérables auront nécessairement des conséquences sur :
• le transport ;
• les émissions de gaz à effet de serre ;
• les nuisances sonores ;
• les poussières ;
• les infrastructures routières et ferroviaires ;
• les sites de stockage ou de valorisation.
Un projet d'une telle ampleur ne peut donc pas être présenté comme ayant uniquement un impact souterrain.
Une artificialisation et une transformation durable des territoires
Le fait que le tunnel soit enterré ne signifie pas que le projet soit sans emprise au sol.
Le FCC nécessiterait huit sites de surface, comprenant notamment des sites techniques et expérimentaux, ainsi que des infrastructures électriques et logistiques.
Le projet prévoit également des puits, des installations de ventilation, des équipements électriques et des plateformes nécessaires au chantier.
La CNDP souligne elle-même que le projet présente des impacts significatifs sur l'environnement et l'aménagement du territoire.
Pour la France insoumise, la préservation des terres agricoles, des espaces naturels et de la biodiversité doit être une priorité.
Nous défendons l'objectif de Zéro Artificialisation Nette, la protection du foncier agricole et la préservation des continuités écologiques.
Chaque nouvel aménagement doit donc être apprécié non seulement au regard de sa surface directement artificialisée, mais également de l'ensemble des infrastructures qu'il rend nécessaires.
Une empreinte carbone déjà importante
Le dossier du maître d'ouvrage précise qu'à ce stade, l'analyse complète du cycle de vie du FCC-ee n'est pas encore disponible.
Une première estimation avait évalué les émissions liées à la construction à environ 1 million de tonnes de CO₂ équivalent.
Les études complémentaires ont ensuite permis d'abaisser l'estimation provisoire à 526 671 tonnes de CO₂ équivalent pour la phase de construction.
Cette estimation comprend notamment les infrastructures souterraines, les quatre sites techniques et les quatre sites expérimentaux.
Le dossier précise que des études complémentaires doivent encore être réalisées sur les infrastructures techniques et sur l'accélérateur lui-même.
Cela signifie que le bilan carbone présenté aujourd'hui n'est pas encore définitif.
Nous considérons donc qu'il serait contradictoire d'autoriser le lancement d'un projet d'une telle ampleur sans disposer au préalable d'une évaluation complète de son empreinte carbone sur l'ensemble de son cycle de vie.
investissement financier considérable
Le coût estimatif communiqué au stade de la saisine de la CNDP est de 16 milliards d'euros pour la partie FCC-ee.
Cette somme doit être mise en regard des besoins auxquels nos sociétés sont aujourd'hui confrontées :
• rénovation thermique des logements ;
• hôpitaux et santé publique ;
• école et université ;
• transports collectifs et ferroviaires ;
• adaptation au changement climatique ;
• préservation de l'eau ;
• agriculture et souveraineté alimentaire ;
• recherche publique ;
• développement des énergies renouvelables et du stockage.
La question n'est donc pas de savoir si 16 milliards d'euros représentent beaucoup ou peu pour la recherche.
La question est : quels investissements devons-nous prioriser pour répondre aux urgences sociales et écologiques du XXIe siècle ?
Nous considérons que ce choix doit être démocratiquement débattu.
Le projet n'est pas encore décidé : il faut prendre le temps du débat
Un élément essentiel doit être rappelé : le FCC n'est pas encore décidé.
Le dossier indique que le Conseil du CERN devra décider de la poursuite ou non du projet au plus tôt en 2028.
Cette décision dépendra notamment des résultats des études, des échanges avec les territoires et les États membres ainsi que des conditions de financement.
Le débat public est donc particulièrement important.
Il ne doit pas être considéré comme une simple formalité destinée à accompagner un projet déjà décidé.
La CNDP rappelle elle-même que le débat public doit permettre à toutes et tous de s'informer, de formuler des arguments, des propositions et des alternatives.
Nous demandons donc que la possibilité de ne pas réaliser le FCC soit réellement considérée comme une option politique.
La recherche fondamentale doit être soutenue, mais pas au mépris des limites planétaires
Nous refusons une opposition simpliste entre « science » et « écologie ».
La France insoumise défend la recherche fondamentale.
Le CERN a déjà démontré l'utilité de la recherche fondamentale et du transfert de connaissances. Les travaux menés dans ses infrastructures ont notamment contribué au développement de technologies utilisées dans d'autres domaines, notamment médicaux.
Mais reconnaître l'utilité de la recherche fondamentale ne signifie pas que chaque infrastructure envisagée doit nécessairement être construite.
La recherche scientifique doit elle aussi tenir compte :
• du changement climatique ;
• de la raréfaction de l'eau ;
• de l'effondrement de la biodiversité ;
• de la consommation de matières premières ;
• des capacités financières des États.
Une planète inhabitable ne permettra pas de faire fonctionner les grandes infrastructures scientifiques de demain.
La bifurcation écologique n'est donc pas l'ennemie de la recherche.
Elle est la condition de sa pérennité.
Quelles priorités pour la recherche ?
Nous considérons que les moyens publics doivent également être massivement orientés vers les recherches permettant de répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui :
• stockage et production d'énergie décarbonée ;
• sobriété et efficacité énergétique ;
• préservation de l'eau ;
• agriculture durable ;
• adaptation au changement climatique ;
• matériaux bas carbone ;
• recyclage des matières premières critiques ;
• santé environnementale ;
• recherche médicale ;
• transports collectifs ;
• intelligence artificielle et numérique sobres.
Il ne s'agit pas d'abandonner la physique fondamentale.
Il s'agit de diversifier les investissements scientifiques et de ne pas concentrer une part considérable des moyens sur des infrastructures toujours plus grandes et plus consommatrices de ressources.
Notre position
La France insoumise – La Côtière considère que le projet FCC soulève aujourd'hui trop d'interrogations environnementales, énergétiques, financières et territoriales pour pouvoir être considéré comme prioritaire.
Nous demandons notamment :
• une évaluation complète de son bilan carbone sur l'ensemble du cycle de vie ;
• une évaluation précise de ses besoins en eau dans le contexte du changement climatique ;
• une évaluation des impacts cumulés sur les territoires concernés ;
• une transparence complète sur les coûts de construction, d'exploitation et de financement ;
• une étude approfondie des alternatives permettant de poursuivre la recherche fondamentale avec une emprise moindre sur les ressources ;
• une véritable comparaison avec les investissements scientifiques et écologiques qui pourraient être réalisés avec les mêmes moyens publics.
Nous demandons surtout que le scénario de non-réalisation du FCC soit réellement considéré comme une alternative et non comme une simple hypothèse théorique.
Conclusion : nous formulons un avis défavorable
La France insoumise – La Côtière est favorable à la recherche scientifique et à la recherche fondamentale.
Mais nous sommes également convaincus que notre époque impose de revoir nos priorités.
Nous ne pouvons pas continuer à multiplier les grands projets consommant toujours davantage d'énergie, d'eau, de matériaux et de foncier sans interroger leur compatibilité avec les limites planétaires.
Le FCC constituerait une infrastructure scientifique exceptionnelle, mais également un investissement considérable, un chantier majeur et un engagement pour plusieurs décennies.
À l'heure de l'urgence climatique, de la raréfaction de l'eau, de l'effondrement de la biodiversité et des besoins considérables de nos services publics, nous considérons que les priorités doivent être ailleurs.
Nous défendons une recherche publique forte, indépendante et ambitieuse, mais compatible avec les limites de notre planète.
Pour toutes ces raisons, la France insoumise – La Côtière émet un avis défavorable au projet de Future Circular Collider et demande que les investissements publics soient prioritairement orientés vers la bifurcation écologique, les besoins sociaux et les recherches répondant aux défis du XXIe siècle.
les conditions de vie sur notre planète est la première condition pour pouvoir continuer à faire progresser la connaissance humaine.
Nous tenons d’abord à rappeler que notre opposition ne constitue en aucun cas une opposition à la recherche fondamentale. La recherche scientifique est indispensable au progrès des connaissances, à la formation des générations futures et au développement de technologies nouvelles.
Mais soutenir la recherche ne signifie pas accepter sans débat tout projet scientifique, quelles que soient son ampleur, sa consommation de ressources, son coût ou son impact environnemental.
Le débat public organisé par la Commission nationale du débat public constitue précisément l’occasion de poser cette question fondamentale : ce projet de plusieurs dizaines de milliards d’euros, mobilisant pendant des décennies des quantités considérables d’énergie, d’eau, de matériaux et de foncier, correspond-il aujourd’hui à nos priorités collectives ?
À ce stade, notre réponse est non.
Un projet scientifique exceptionnel, mais aux dimensions exceptionnelles
Le FCC serait un collisionneur circulaire souterrain d’environ 90,7 kilomètres de circonférence, implanté sous les territoires de l’Ain, de la Haute-Savoie et du canton de Genève.
Le projet FCC-ee actuellement étudié viserait notamment à étudier avec une précision inégalée le boson de Higgs, les bosons Z et W et le quark top, afin de rechercher des indices d'une physique allant au-delà du Modèle standard.
À terme, le tunnel pourrait également accueillir un futur collisionneur proton-proton, le FCC-hh, dont l’énergie pourrait atteindre environ 100 TeV.
Nous reconnaissons pleinement l’intérêt scientifique de ces recherches.
Mais précisément parce qu'il s'agit d'un projet qui engagerait les générations futures, nous considérons que ses conséquences environnementales, énergétiques, financières et territoriales doivent être examinées avec la même exigence que ses ambitions scientifiques.
Une consommation électrique importante dans un contexte de transition énergétique
Le dossier présenté au débat public estime les besoins électriques du FCC en phase d’exploitation à 1,3 TWh par an en moyenne.
Le raccordement étudié par RTE porte sur une puissance de 220 MW, répartie sur trois points de raccordement.
Le chantier lui-même nécessiterait entre 400 et 600 GWh d’électricité pendant la période de construction estimée entre 2032 et 2040.
Le CERN prévoit de s’approvisionner sur le réseau électrique français et indique que celui-ci était décarboné à 95 % en 2025. Il envisage également la possibilité de contrats de fourniture d’électricité renouvelable.
Ces éléments ne règlent cependant pas la question politique.
L'électricité disponible n'est pas une ressource infinie. La France doit simultanément électrifier les transports, décarboner son industrie, rénover les logements, développer les transports collectifs et répondre aux besoins croissants des services publics.
La question est donc celle de la hiérarchie des usages de l'énergie.
À l'heure où les ménages, les collectivités et les entreprises sont appelés à maîtriser leur consommation, nous considérons qu'un projet consommant durablement 1,3 TWh d'électricité chaque année doit démontrer qu'il constitue une priorité collective.
Pour la France insoumise, la planification écologique doit conduire à privilégier les usages essentiels et les investissements permettant de réduire durablement les consommations et les émissions.
Une consommation d'eau qui ne peut être ignorée
Le dossier estime les besoins en eau du FCC à environ 1,9 million de m³ par an en moyenne pendant son exploitation, principalement pour le refroidissement de l'accélérateur.
Le dossier envisage notamment un approvisionnement à partir du Léman et étudie également la possibilité de points d'approvisionnement supplémentaires en France, à partir de l'Arve et/ou du Rhône.
Le dossier reconnaît lui-même que ces éventuels prélèvements devront être étudiés au regard des plans de gestion quantitative de la ressource en eau et du changement climatique.
Cette question est essentielle.
Les sécheresses, les canicules et la diminution de la disponibilité de l'eau sont déjà des réalités auxquelles nos territoires doivent s'adapter.
Nous refusons de considérer l'eau comme une ressource illimitée.
Avant tout projet supplémentaire consommateur d'eau, il faut démontrer que cette consommation sera compatible avec les besoins futurs des populations, de l'agriculture, des milieux naturels et des autres activités économiques.
14,7 millions de tonnes de matériaux excavés
Le tunnel de près de 91 kilomètres implique un chantier d'une ampleur considérable.
Le dossier estime à environ 6,3 millions de m³, soit 14,7 millions de tonnes, le volume de matériaux excavés sur une période d'environ cinq ans.
La question de leur transport et de leur valorisation n'est d'ailleurs pas encore définitivement réglée.
Plusieurs solutions sont étudiées : transport ferroviaire, convoyeurs ou transport routier selon les sites.
Le dossier prévoit encore l'élaboration d'un plan préliminaire de gestion des matériaux d'excavation entre 2026 et 2028.
Ces volumes considérables auront nécessairement des conséquences sur :
• le transport ;
• les émissions de gaz à effet de serre ;
• les nuisances sonores ;
• les poussières ;
• les infrastructures routières et ferroviaires ;
• les sites de stockage ou de valorisation.
Un projet d'une telle ampleur ne peut donc pas être présenté comme ayant uniquement un impact souterrain.
Une artificialisation et une transformation durable des territoires
Le fait que le tunnel soit enterré ne signifie pas que le projet soit sans emprise au sol.
Le FCC nécessiterait huit sites de surface, comprenant notamment des sites techniques et expérimentaux, ainsi que des infrastructures électriques et logistiques.
Le projet prévoit également des puits, des installations de ventilation, des équipements électriques et des plateformes nécessaires au chantier.
La CNDP souligne elle-même que le projet présente des impacts significatifs sur l'environnement et l'aménagement du territoire.
Pour la France insoumise, la préservation des terres agricoles, des espaces naturels et de la biodiversité doit être une priorité.
Nous défendons l'objectif de Zéro Artificialisation Nette, la protection du foncier agricole et la préservation des continuités écologiques.
Chaque nouvel aménagement doit donc être apprécié non seulement au regard de sa surface directement artificialisée, mais également de l'ensemble des infrastructures qu'il rend nécessaires.
Une empreinte carbone déjà importante
Le dossier du maître d'ouvrage précise qu'à ce stade, l'analyse complète du cycle de vie du FCC-ee n'est pas encore disponible.
Une première estimation avait évalué les émissions liées à la construction à environ 1 million de tonnes de CO₂ équivalent.
Les études complémentaires ont ensuite permis d'abaisser l'estimation provisoire à 526 671 tonnes de CO₂ équivalent pour la phase de construction.
Cette estimation comprend notamment les infrastructures souterraines, les quatre sites techniques et les quatre sites expérimentaux.
Le dossier précise que des études complémentaires doivent encore être réalisées sur les infrastructures techniques et sur l'accélérateur lui-même.
Cela signifie que le bilan carbone présenté aujourd'hui n'est pas encore définitif.
Nous considérons donc qu'il serait contradictoire d'autoriser le lancement d'un projet d'une telle ampleur sans disposer au préalable d'une évaluation complète de son empreinte carbone sur l'ensemble de son cycle de vie.
investissement financier considérable
Le coût estimatif communiqué au stade de la saisine de la CNDP est de 16 milliards d'euros pour la partie FCC-ee.
Cette somme doit être mise en regard des besoins auxquels nos sociétés sont aujourd'hui confrontées :
• rénovation thermique des logements ;
• hôpitaux et santé publique ;
• école et université ;
• transports collectifs et ferroviaires ;
• adaptation au changement climatique ;
• préservation de l'eau ;
• agriculture et souveraineté alimentaire ;
• recherche publique ;
• développement des énergies renouvelables et du stockage.
La question n'est donc pas de savoir si 16 milliards d'euros représentent beaucoup ou peu pour la recherche.
La question est : quels investissements devons-nous prioriser pour répondre aux urgences sociales et écologiques du XXIe siècle ?
Nous considérons que ce choix doit être démocratiquement débattu.
Le projet n'est pas encore décidé : il faut prendre le temps du débat
Un élément essentiel doit être rappelé : le FCC n'est pas encore décidé.
Le dossier indique que le Conseil du CERN devra décider de la poursuite ou non du projet au plus tôt en 2028.
Cette décision dépendra notamment des résultats des études, des échanges avec les territoires et les États membres ainsi que des conditions de financement.
Le débat public est donc particulièrement important.
Il ne doit pas être considéré comme une simple formalité destinée à accompagner un projet déjà décidé.
La CNDP rappelle elle-même que le débat public doit permettre à toutes et tous de s'informer, de formuler des arguments, des propositions et des alternatives.
Nous demandons donc que la possibilité de ne pas réaliser le FCC soit réellement considérée comme une option politique.
La recherche fondamentale doit être soutenue, mais pas au mépris des limites planétaires
Nous refusons une opposition simpliste entre « science » et « écologie ».
La France insoumise défend la recherche fondamentale.
Le CERN a déjà démontré l'utilité de la recherche fondamentale et du transfert de connaissances. Les travaux menés dans ses infrastructures ont notamment contribué au développement de technologies utilisées dans d'autres domaines, notamment médicaux.
Mais reconnaître l'utilité de la recherche fondamentale ne signifie pas que chaque infrastructure envisagée doit nécessairement être construite.
La recherche scientifique doit elle aussi tenir compte :
• du changement climatique ;
• de la raréfaction de l'eau ;
• de l'effondrement de la biodiversité ;
• de la consommation de matières premières ;
• des capacités financières des États.
Une planète inhabitable ne permettra pas de faire fonctionner les grandes infrastructures scientifiques de demain.
La bifurcation écologique n'est donc pas l'ennemie de la recherche.
Elle est la condition de sa pérennité.
Quelles priorités pour la recherche ?
Nous considérons que les moyens publics doivent également être massivement orientés vers les recherches permettant de répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui :
• stockage et production d'énergie décarbonée ;
• sobriété et efficacité énergétique ;
• préservation de l'eau ;
• agriculture durable ;
• adaptation au changement climatique ;
• matériaux bas carbone ;
• recyclage des matières premières critiques ;
• santé environnementale ;
• recherche médicale ;
• transports collectifs ;
• intelligence artificielle et numérique sobres.
Il ne s'agit pas d'abandonner la physique fondamentale.
Il s'agit de diversifier les investissements scientifiques et de ne pas concentrer une part considérable des moyens sur des infrastructures toujours plus grandes et plus consommatrices de ressources.
Notre position
La France insoumise – La Côtière considère que le projet FCC soulève aujourd'hui trop d'interrogations environnementales, énergétiques, financières et territoriales pour pouvoir être considéré comme prioritaire.
Nous demandons notamment :
• une évaluation complète de son bilan carbone sur l'ensemble du cycle de vie ;
• une évaluation précise de ses besoins en eau dans le contexte du changement climatique ;
• une évaluation des impacts cumulés sur les territoires concernés ;
• une transparence complète sur les coûts de construction, d'exploitation et de financement ;
• une étude approfondie des alternatives permettant de poursuivre la recherche fondamentale avec une emprise moindre sur les ressources ;
• une véritable comparaison avec les investissements scientifiques et écologiques qui pourraient être réalisés avec les mêmes moyens publics.
Nous demandons surtout que le scénario de non-réalisation du FCC soit réellement considéré comme une alternative et non comme une simple hypothèse théorique.
Conclusion : nous formulons un avis défavorable
La France insoumise – La Côtière est favorable à la recherche scientifique et à la recherche fondamentale.
Mais nous sommes également convaincus que notre époque impose de revoir nos priorités.
Nous ne pouvons pas continuer à multiplier les grands projets consommant toujours davantage d'énergie, d'eau, de matériaux et de foncier sans interroger leur compatibilité avec les limites planétaires.
Le FCC constituerait une infrastructure scientifique exceptionnelle, mais également un investissement considérable, un chantier majeur et un engagement pour plusieurs décennies.
À l'heure de l'urgence climatique, de la raréfaction de l'eau, de l'effondrement de la biodiversité et des besoins considérables de nos services publics, nous considérons que les priorités doivent être ailleurs.
Nous défendons une recherche publique forte, indépendante et ambitieuse, mais compatible avec les limites de notre planète.
Pour toutes ces raisons, la France insoumise – La Côtière émet un avis défavorable au projet de Future Circular Collider et demande que les investissements publics soient prioritairement orientés vers la bifurcation écologique, les besoins sociaux et les recherches répondant aux défis du XXIe siècle.
les conditions de vie sur notre planète est la première condition pour pouvoir continuer à faire progresser la connaissance humaine.
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