Eclairage des controverses

Retour vers Eclairage des controverses

#1 — La question doit être sur l'utilité du projet avant tout et non sur le comment !

Le FCC pourquoi maintenant ?
Réponse publiée Merci pour votre contribution.

À une époque où nous sommes confrontés à des défis immédiats tels que le changement climatique, les crises sanitaires ou les tensions économiques, il peut sembler légitime de privilégier les recherches dont les retombées sont directement applicables. Pourtant, la recherche fondamentale en physique demeure un investissement essentiel, car elle constitue le socle des innovations de demain. Un projet comme le futur collisionneur circulaire (FCC) du CERN s’inscrit dans cette perspective : il vise à répondre à des questions fondamentales sur la nature de l’Univers tout en ouvrant la voie à des avancées scientifiques et technologiques dont les applications futures ne peuvent pas toujours être anticipées.

Les grandes transformations technologiques qui façonnent aujourd’hui nos sociétés — des semi-conducteurs aux lasers, en passant par l’imagerie médicale ou le GPS — trouvent souvent leur origine dans des recherches menées plusieurs décennies auparavant, sans objectif d’application immédiate. Cette histoire montre que la valeur de la recherche fondamentale ne se mesure pas uniquement à ses résultats à court terme, mais aussi à sa capacité à créer des connaissances, des compétences et des technologies qui bénéficieront aux générations futures.
La recherche fondamentale s’inscrit donc nécessairement dans le temps long : elle demande de la continuité, de la patience et une vision qui dépasse les cycles politiques et économiques. La soutenir ne signifie pas détourner les ressources des urgences actuelles, mais préserver notre capacité collective à répondre aux défis encore inconnus de demain. Elle contribue également à former des chercheurs et des ingénieurs hautement qualifiés, à renforcer l’innovation industrielle et à maintenir une capacité d’exploration scientifique indispensable au progrès des sociétés.

Le FCC ambitionne par ailleurs de devenir un exemple de conception responsable pour une grande infrastructure scientifique. Les enjeux environnementaux sont intégrés dès sa conception, à travers des analyses de cycle de vie, l’optimisation de la consommation énergétique, la réduction de l’empreinte carbone des matériaux et du génie civil, ainsi poar exemple que l’étude de solutions de valorisation de la chaleur produite par l’installation au bénéfice des territoires voisins. Sa durée d’exploitation, prévue sur plusieurs générations d’expériences, vise également à maximiser les retombées scientifiques d’un investissement unique. Au-delà de son propre fonctionnement, le FCC pourra contribuer au développement de technologies plus efficaces dans les domaines des aimants supraconducteurs, de l’électronique de puissance, des matériaux avancés ou de la gestion énergétique des grands équipements. Ces objectifs devront naturellement être évalués et confirmés au cours du développement du projet, mais ils témoignent d’une volonté d’intégrer pleinement les enjeux de la transition environnementale aux grandes infrastructures de recherche.

Enfin, le coût du FCC doit être considéré à l’échelle de son ambition et de sa durée de vie. L’investissement estimé est d’environ 15 milliards de francs suisses, répartis sur une quinzaine d’années et partagé entre les nombreux États membres et partenaires du CERN. Il ne s’agit donc pas d’une dépense concentrée sur un seul territoire bien qu’il lui bénéficie en premier lieu, ou une seule génération, mais d’un effort collectif et progressif bénéficiant à un vaste réseau d’entreprises, de laboratoires et d’universités. À titre de comparaison, la Suisse contribue aujourd’hui au fonctionnement du CERN à hauteur d’environ 40 à 45 millions de francs suisses par an, soit moins de 4 % du budget des États membres. Le financement d’un projet comme le FCC repose ainsi sur une vision internationale et de long terme, à la mesure des ambitions scientifiques, technologiques et sociétales qu’il porte.

Voir les Barème des contributions 2026 cds.cern.ch/record/2941459/files/French.pdf
L'enjeu est de se poser la question de l'utilité du projet :
Est-ce l'urgence dans le contexte économique, sociale et écologique actuelle de balancer des dizaines et des dizaines de milliards d'euros dans un tel projet ?
Quels avancées potentielles pour l'humanité ?
Par contre les impacts, on les connait : un coût économique faramineux, un impact énergétique et écologique considérable, des emplois créés et maintenus dans un département déjà sous tension par sa trop forte attractivité.

Clairement, il faut se contenter de l'outil actuel. L'urgence n'est pas dans ce type de recherche fondamentale.