PROJET FCC DU CERN
Concertation du public suisse
du 18 mai au 2 octobre 2026
LE PROJET EN BREF
Une concertation publique suisse pour un projet scientifique mondial
Le Futur Collisionneur Circulaire (FCC) est un projet étudié par le CERN pour ses 25 États membres, dont la Suisse, ainsi que pour ses 11 États membres associés. Il vise à permettre aux scientifiques de mieux comprendre la matière, les lois de l’Univers et certaines grandes questions encore ouvertes de la physique, dans le prolongement de découvertes majeures comme celle du boson de Higgs.
Situé entre la France et la Suisse, le projet prévoit un anneau souterrain d’environ 91 kilomètres, à une profondeur moyenne de 200 mètres, avec huit sites de surface, dont un à Choulex. Le FCC pourrait accueillir, en deux étapes, deux collisionneurs successifs. Les premières phases de recherches scientifiques commenceraient en 2045.
Son importance exige une étude de faisabilité approfondie. Celle-ci permet au CERN d’évaluer les dimensions scientifiques et techniques du projet, ainsi que ses implications géologiques, environnementales et territoriales. Depuis 2022, des relevés de terrain et des études en sous-sol ont été menés pour mieux comprendre les caractéristiques du territoire et limiter autant que possible les impacts du projet. Publié le 31 mars 2025, ce rapport de faisabilité constitue la base des prochaines étapes, avant une éventuelle décision des États membres attendue en 2028.
Pour Genève et sa région, le FCC ouvre à la fois des perspectives scientifiques, technologiques et économiques, mais aussi des enjeux liés au territoire, au cadre de vie, à l’environnement et aux infrastructures, qui suscitent des interrogations légitimes. Informer, rendre le projet compréhensible, permettre à chacune et chacun de poser ses questions, faire remonter les attentes, les interrogations, les doutes et les points de vigilance du territoire : c’est l’objectif de cette concertation publique, qui se déroulera du 18 mai à la mi-octobre.
Poser une question, déposer une contribution, s'inscrire à un événement participatif ? Différents espaces sont prévus.
Une concertation sur mesure pour la Suisse

En Suisse, la concertation du public sur le Futur Collisionneur Circulaire ne s’inscrit pas dans un cadre légal spécifique. Cela implique d’inventer un cadre propre à la Suisse : un dispositif clair, rigoureux et compréhensible, capable de garantir une information accessible, la libre expression des questions et une écoute réelle des avis formulés.
Pour éviter que cette concertation ne repose sur le CERN et en assurer la neutralité, plusieurs garanties ont été mises en place.
La première, c’est une Instance territoriale de suivi. Elle réunit le CERN, les autorités fédérales (le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation et le Département fédéral des affaires étrangères), les autorités cantonales (le Département du territoire et la Direction des affaires internationales), ainsi que les mandataires chargés de préparer et d’animer la démarche. Cette instance ne se prononce pas sur le projet lui-même. En revanche, elle examine l’organisation de la concertation, ses règles, son calendrier, ses thématiques et, si nécessaire, ses ajustements. Elle veille à ce que le processus soit solide, cohérent et ancré dans les réalités du territoire genevois.
La deuxième garantie, ce sont les garant·es expert·es. Ce binôme, composé de Chantal Balet et de Dominique Bourg, suit la concertation avec un regard indépendant. Son rôle est de veiller à l’impartialité de l’information, à la possibilité pour des points de vue différents de s’exprimer, au traitement sérieux des contributions et à la transparence des restitutions. Il peut formuler des remarques en cours de démarche et publie, à son terme, une analyse de la manière dont la concertation s’est déroulée.
Le troisième élément, c’est l’évaluation en continu. La concertation est suivie pendant toute sa durée par un organisme indépendant, chargé d’identifier les points de tension, de signaler ce qui doit être corrigé et d’améliorer le dispositif au fil du processus.
Enfin, pour accompagner la conception et l’organisation de ce dispositif, le CERN a mandaté trois sociétés spécialisées dans la concertation publique, la communication et l’événementiel : Opinions Publiques, État d’Esprit et Episode(s).
En l’absence de modèle imposé par la loi, Genève et la Suisse fait le choix d’en construire une, sur mesure, avec une exigence de clarté, d’indépendance et de crédibilité à la hauteur du projet.
Une concertation spécifique en France, pour le public français
En France, un dispositif de participation du public est organisé au même moment que pour la Suisse. En fonction de son lieu de vie, le public est donc invité à participer du côté de la frontière qui est le sien.

Spécificité chez nos amis français, le débat public relève d’une obligation réglementaire qui lui impose des contraintes particulières. Pour y répondre, en France, c’est la Commission nationale du débat public (CNDP) qui est l’autorité administrative indépendante chargée de garantir le droit à l’information et à la participation du public concernant les grands projets ayant un impact sur l’environnement. Dans ce cadre, le 5 novembre 2025, la CNDP a décidé, suite à une saisine du CERN et de RTE, d’organiser un débat public relatif au projet d’accélérateur de particules du CERN et de son raccordement électrique, et a nommé l’équipe qui en a la charge.
Cette Commission Particulière du Débat Public (CPDP) a conçu un dispositif de concertation qui, comme en Suisse et sur la même période, propose divers temps, lieux et sujets d’information, de dialogue et de recueil des contributions du public. Elles sont à retrouver sur son site dédié au public du territoire français :